Voilà, Rui va finalement revenir nous chercher au retour de sa formation à Nairobi, samedi 18 ici, dimanche on prend la route. Notre soirée d'au-revoir sera au Mojo's, nouveau lieu à la mode des soirées bulawayennes (il faut dire que ça ne se bouscule pas au portillon, ces lieux là), monté dans l'arrière court d'un club de sport un peu désaffecté par Sam, une anglaise qui autrement vend des objets d'artisanat fabriqués à partir de verre recyclé à la boutique Afrodizziac. Après avoir mis au point le menu, nous discutions de la situation: après 5 semaines d'affluence, elle n'a plus trop de monde depuis 15 jours, "à cause des school fees". En septembre les gens payent un trimestre d'école: 350$ pour le fils de ma nounou, c'est déjà bien cher, pour les plus aisés la note se monte à 3000$ par enfant (à "Falcon's", une des pensions huppées de Bulawayo!) Après, Rui va me dire que la vie en Europe c'est cher... En Europe, c'est peut être la crise, mais je ne pense pas que les bars voient leur activité baisser fortement pour cause de school fees...!
Mais ce n'est pas ce dont je voulais parler. Cela fait 2 mois que, rentrée du Mozambique, j'essaye de trouver des raisons pour me mettre du baume au cœur de quitter le Zimbabwe. Alors voilà, je me répète mentalement la liste de tout ce qui ne va pas me manquer:
-en première place sans compétition, les coupures d'électricité qui sont maintenant hyper fréquentes et hyper longues (6 à 8h!).... Si on a du courant 24h, on sait que ça ne va plus durer. Ça rend même les moments de répit un peu brinquebalants. Double peine: une 2e coupure vient parfois nous rappeler dans la même journée que la 1ère fut relativement courte. Je ne vais plus donner le bain aux enfants sans ma lampe de secours.
- les rayons du supermarché qui, s'ils ne sont plus vides comme il y a 2 ans, ne regorgent pas pour autant de choses sympas à manger.... je mets au défi quelconque français, sur 10m de linéaire de "petits gateaux", de trouver un seul produit appétissant. Même les gâteaux au chocolat faits maison de "Lynn" n'ont de goût ni de chocolat, ni de gateau.
Au rayon "trucs sympas à faire soi-même", j'ai trouvé aujourd'hui du "European Cake Mix" et du "Chocolate Sponge Cake Mix", super appétissant....
- le cheddar "parmalat" qui doit remplacer le gruyère sur les gratins (s'il veut bien fondre autrement qu'en mode tôle ondulée), et la margarine, qui est notre lot quotidien quand le beurre disparait impromptument de tous les étals de la ville (cela arrive de temps en temps et peut durer des semaines!). Pas étonnant que les gâteaux ne soient pas bons.
- mon frigo rouillé des années 50 qui ne rend pas ces victuailles plus appétissantes ... et le four/plaques des années 30 qui met 1h à chauffer quand il y a de l'électricité.
- les rideaux à fleur et les canapés en velours côtelé marrons du salon, les chiffres et les lettres à midi à la Télé.
- l'internet satellite large bande, 216 pauvres Ko partagés non seulement avec les collègues de l'Alliance, mais avec au moins 8 autres comptes à travers le monde... et qui plante dès qu'"il y a un orage au-dessus de Milan" (excuse récurrente du fournisseur sud-africain)
- les recharges à gratter de 1 USD, et les communications qui coûtent le quart même quand la ligne ne passe pas (et ça gratte, et ça gratte). Mais enfin, 1 USD, c'est mieux que 1000 trillions de la belle époque de l'inflation. D'ailleurs, c'est dommage, on ne l'a pas gardé celui-là, mon plus gros billet doit être un 100 milliards (j'en ai une ou deux liasses, quand même).
- .... ? c'est tout? c'est tout.
Le reste, ce n'était que du bon.
Après, c'est toujours pareil... on peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein: (je renvoie à cette description du pays, écrit juste après la transition). Mais il n'y a pas eu un jour sans soleil, pas un jour sans se dire qu'on a de la chance.
Mais ce n'est pas ce dont je voulais parler. Cela fait 2 mois que, rentrée du Mozambique, j'essaye de trouver des raisons pour me mettre du baume au cœur de quitter le Zimbabwe. Alors voilà, je me répète mentalement la liste de tout ce qui ne va pas me manquer:
-en première place sans compétition, les coupures d'électricité qui sont maintenant hyper fréquentes et hyper longues (6 à 8h!).... Si on a du courant 24h, on sait que ça ne va plus durer. Ça rend même les moments de répit un peu brinquebalants. Double peine: une 2e coupure vient parfois nous rappeler dans la même journée que la 1ère fut relativement courte. Je ne vais plus donner le bain aux enfants sans ma lampe de secours.
- les rayons du supermarché qui, s'ils ne sont plus vides comme il y a 2 ans, ne regorgent pas pour autant de choses sympas à manger.... je mets au défi quelconque français, sur 10m de linéaire de "petits gateaux", de trouver un seul produit appétissant. Même les gâteaux au chocolat faits maison de "Lynn" n'ont de goût ni de chocolat, ni de gateau.
Au rayon "trucs sympas à faire soi-même", j'ai trouvé aujourd'hui du "European Cake Mix" et du "Chocolate Sponge Cake Mix", super appétissant....
- le cheddar "parmalat" qui doit remplacer le gruyère sur les gratins (s'il veut bien fondre autrement qu'en mode tôle ondulée), et la margarine, qui est notre lot quotidien quand le beurre disparait impromptument de tous les étals de la ville (cela arrive de temps en temps et peut durer des semaines!). Pas étonnant que les gâteaux ne soient pas bons.
- mon frigo rouillé des années 50 qui ne rend pas ces victuailles plus appétissantes ... et le four/plaques des années 30 qui met 1h à chauffer quand il y a de l'électricité.
- les rideaux à fleur et les canapés en velours côtelé marrons du salon, les chiffres et les lettres à midi à la Télé.
- l'internet satellite large bande, 216 pauvres Ko partagés non seulement avec les collègues de l'Alliance, mais avec au moins 8 autres comptes à travers le monde... et qui plante dès qu'"il y a un orage au-dessus de Milan" (excuse récurrente du fournisseur sud-africain)
- les recharges à gratter de 1 USD, et les communications qui coûtent le quart même quand la ligne ne passe pas (et ça gratte, et ça gratte). Mais enfin, 1 USD, c'est mieux que 1000 trillions de la belle époque de l'inflation. D'ailleurs, c'est dommage, on ne l'a pas gardé celui-là, mon plus gros billet doit être un 100 milliards (j'en ai une ou deux liasses, quand même).
- .... ? c'est tout? c'est tout.
Le reste, ce n'était que du bon.
Après, c'est toujours pareil... on peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein: (je renvoie à cette description du pays, écrit juste après la transition). Mais il n'y a pas eu un jour sans soleil, pas un jour sans se dire qu'on a de la chance.


























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