HIFA (prononcer "Aïfa"), c'est le festival international des arts de Harare, un rendez-vous annuel que nous n'avions jamais honoré jusqu'à ce mois de mai. Et nous n'avons pas été déçus! On nous avait dit que tout se jouait à guichet fermé, mais le festival était si bien organisé qu'en 10 mn au bureau central des réservations, à l'entrée de la Galerie nationale et des jardins de Harare où étaient dressées les différentes scènes, nous avons réussi à obtenir le programme, des conseils avisés, et des tickets pour 6 spectacles. Des shows organisés et sponsorisés par les différentes ambassades, de la Suède à la Corée en passant par le Bresil, l'Italie, et j'en passe, le tout dans une magnifique ambiance sur la pelouse verte au soleil. Rafael a eu sa piqure de cirques et de bouffoneries, Rui une bonne dose de musique malienne, zulu et jazzie, et moi j'ai adoré surtout le spectacle "Bafana Republic" durant lequel un jeune Sud-africain rapporte, dans un one man show tout en énergie, les tribulations entourant la préparation de la coupe du monde de football de 2010 en Afrique du Sud. Mugabe s'est bien fait aligner, comme les vieux Rhodésiens aigris, la compagnie d'électricité du pays et la British Airways.Il est d'ailleurs frappant comme la liberté de ton semble régner malgré les insuffisances régulièrement dénoncées. Nous n'avons pas pu voir la pièce "Allegations", mais une collègue du CICR nous a rapporté comme c'était explosif et cru, avec 2 acteurs sur scène, le Rhodésien qui raconte sa ferme confisquée et son père tué, et un jeune militant du MDC qui paye très cher, en mauvais traitements, son engagement pour avoir collé des affiches. La salle était bondée pour cette production anglo-zimbabwéenne sponsorisée par le British Council.
Et puis dans le Zimbabwe Independant, cette affiche demi-page de l'organisation "Zimbabwe Democracy Now!" qui accuse:
"I got my law degree in prison" - Robert Mugabe
"I got my skin disease in prison" - Brian Gumbo.
Les prisons où le CICR s'apprête à apporter une assistance substantielle.
A Bulawayo même, la Galerie nationale programmait cette semaine une exposition de peinture courageuse, sur un thème faisant des artistes les témoins de leur époque: "from confrontation to reconciliation". Notre ami le pasteur Ray, qui écrit une thèse sur les mécanismes de réconciliation nationale et l'effort de cicatrisation après les massacres de X, aurait probablement fait un meilleur discours que ceux qui nous été servis par les politiciens venus le même jour visiter la foire internationale de Bulawayo, mais enfin....
L'air de rien, ça bouillonne bien au Zimbabwe.

























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