lundi 5 avril 2010

Next stop: Lesotho



Retour au Zimbabwe avec une petite Juliette - petite boule d'amour - qui découvre le soleil et la luminosité, plaisir de l'Afrique. Je croise Rui dans le hangar qui tient à Bulawayo lieu d'aéroport - depuis 3 ans temporaire, comme presque tout ce pays. Lui part en réunion à Harare, mais a quand même organisé pour notre retour un diner avec quelques amis, Jennifer fidèle aux fourneaux. Et Jennifer inquiète plus encore que nous de ce départ annoncé, incertain, dans son délai comme sa destination. Haïti? Rui est en contact avec une ancienne collègue du Darfour, en poste à Rome mais réquisitionnée sur l'ïle, et qui nous informe que tout le staff du PAM est logé sur un navire au large de Port-au-Prince....
J'apprendrai plus tard que Jennifer s'est enquis des procédures pour obtenir un passeport, dans l'espoir, sans doute, de nous accompagner où nous irons. Mission difficile: on lui a dit, dans je ne sais quelle administration de sa zone rurale, qu'il lui faudrait un acte de naissance intégral, alors qu'elle n'a jamais eu qu'un acte simple, égaré par sa mère, et qu'il faudrait au moins 2 ans pour obtenir ledit document. Il y a quelques mois, c'était le papier rationné qui manquait aux administrations, pour imprimer les passeports... En notre absence, Vincent, mon ami du CICR et de la famille en Aveyron, avait tenté de la consoler et lui expliquait qu'il n'était pas forcément sage de nous suivre si loin de sa famille...

Et puis, Rui a reçu sa nouvelle affectation. Et on est plutôt contents: car il s'agit... du Lesotho ! Surement pas le hot cultural spot africain, mais un joli coin montagneux, royaume enclavé au Sud Est de l'Afrique du Sud. C'est à dire une destination paisible, pittoresque ... et pas loin. Ce qui pour nous, qui devenons casanier à tant apprécier le Zimbabwe, est tout bénéfique: proche d'ici et de nos nouveaux amis, proche du Mozambique et de la famille de Rui, proche de l'Océan... On va pouvoir faire les cartons sans trop se casser la tête, emmener les voitures, la vaisselle, les jouets des enfants, le tout dans des petits sacs, sans faire de drastiques coupes dans les kilos! Et puis pour ceux qui ne sont pas encore venus nous voir, il y aura encore des safaris à organiser. Il parait que l'hiver on peut même y faire du ski.

On ne sait pas grand chose du pays - un coin très pauvre, champion du taux d'infection VIH - ni du poste de Rui, sinon que ce sera en capitale, une toute petite capitale, et sûrement des programmes sida, mais aussi "school feeding", ce que Rui a déjà bien pratiqué au Mozambique - nous en seront sans doute davantage après une virée de reconnaissance durant la 2e quinzaine de mai. A priori, c'est pour le mois de juin/juillet... on va voir comment tout cela s'enchaine!

Alors nous avons été tentés d'emmener Jennifer, pour nous, pour Rafael, pour elle, pour les tartes tatin et les gratin dauphinois qu'elle maîtrise maintenant parfaitement et que nous apprécions irrémédiablement. Il est vrai que le Lesotho n'est pas si loin, et constitue avec l'Afrique du Sud un environnement relativement familier pour les Zimbabwéens. Mais enfin, c'est une sacrée responsabilité d'emmener quelqu'un loin des siens. Et pour combien de temps? Un an, deux, trois au plus. Finalement, ce qui nous a facilité la décision de ne rien en faire - en plus du passeport à inventer, c'est que mes amis se la disputent, Jennifer, pour son éternelle bonne humeur au moins autant que pour ses quiches et ses tomates à la provençale. Son ancien lodge aussi veut la reprendre, et l'une ou l'autre de ces solutions sera sûrement plus sage pour elle, et pour ses enfants. Comme dit Rui, la famille est, dans ces régions troubles, le principal support des petites gens pour faire face aux aléas.

En tous cas, pour nous, finie l'incertitude, et si nous serons très tristes de quitter le Zimbabwe, nous sommes bien contents de la destination. Maseru... qui même connaît le nom de cette petite capitale africaine? Tout à découvrir!
Le chauffeur du PAM qui m'a ramené de l'aéroport, avec ma petite Juliette toute fraiche arrivée d'Europe, avait certes mis son plus beau costume pour faire bonne impression, et se positionner pour la lobola... mais Gogo et Jennifer ont déjà parié un autre avenir pour la petite princesse: elle devrait gagner le concours de beauté qui permet au Roi du Lesotho de choisir, chaque année, sa nouvelle épouse! Il en est à quelques 22, parait-il. Voire....

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