mercredi 24 février 2010

Ma Juliette


Elle devait arriver le 14, et puis à Necker on m'avait dit plutôt le 24: on ne calcule pas les bébés pareil des deux côtés du Sahara. Alors, comme Rafael avait été un modèle de ponctualité à la française, on avait recalé tous les billets d'avion autour du 24 février. Mais Juliette, ça fait déjà plusieurs semaines qu'elle faisait sa gym in utéro - généralement au milieu de la nuit - en vue de sa première sortie dans le grand monde.

Dans l'enthousiasme, elle a du donner un petit coup d'ongle - qu'elle a très longs - et percé la poche des eaux au matin du jeudi 11 février. Moi qui devais finaliser le routage du mailing de la Saint-Valentin pour Chronoresto, j'ai du revoir mes plans pour faire un saut à la maternité. Et apprendre qu'on ne change pas le protocoles de l'Assistance Publique - Hopitaux de Paris ni pour un mailing de saint-Valentin, ni pour un papa africain: on me donnait 12 h pour accoucher. Et Rui, avec le 1er avion au lendemain matin, aurait besoin de 24h pour traverser l'Afrique par Johannesburg....
Qu'à cela ne tienne, on a fait comme il fallait: moi qui n'avais pas eu faim de toute la grossesse, j'ai réussi, affamée, à négocier un diner avant d'aller en salle de travail. Tout a été très bien, très vite, et à 3h43 la petite a pointé ses jolies menottes et le bout de son nez. Nous n'avions pas décidé des prénoms !

Rafael et Rui sont arrivés le lendemain matin, samedi. J'avais prévu une semaine pour les retrouver tranquillement après un long mois de séparation, et pour préparer Rafael à l'arrivée d'un nouveau bébé. Mais dans la précipitation je ne sais même pas ce que Rui avait pu lui dire, en tous cas quand j'ai posé la petite pour l'attraper dans mes bras, il a bien vu qu'on avait oublié de le tenir informé. Emu de me retrouver, mais pas moins intrigué, il fixait le petit paquet dans les bras de Rui jusqu'à ce qu'on lui présente quand même officiellement. Et il s'est montré immédiatement un grand frère attentif, la caressant d'une main en la rassurant d'un "chut..." protecteur. En revanche, quand il l'a vue téter il n'a pu s'empécher de se jeter sur l'autre sein, dans un élan très instinctif difficile à contrôler !

Fuyant les contraintes de la maternité ex-grippe-H1N1, qui limite les visites, je suis sortie dès dimanche pour retrouver mes sœurs et tous les cousins rue Cassette. Et nous avons pu nous installer dans le petit studio mitoyen de l'appartement de mes parents, où ceux-ci ont vécu avec Claire et Odile avant ma naissance.
Nous avons finalement choisi des prénoms: Juliette, Pauline, Romane, Germack Possolo, et trafiqué une photo à 4 jours pour faire la demande de passeport à la République française qui ne rigole pas avec les papiers d'identité.


Juliette ressemble tant à Rafael à son âge - les cheveux en plus, jugez-en plutôt ici et , qu'on ne se demande même pas si elle tient de Rui ou de moi. En revanche, autant Rafael était turbulent dès sa naissance, autant Juju est un modèle de sérénité. Il a fallu 3 jours avant que sa grand mère n'entende un petit pleurnichement mignon, qu'elle réserve généralement aux séances de change car mademoiselle n'aime pas bien qu'on lui mette les fesses au froid. Calme et câline, un petit bonheur....

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