mardi 13 octobre 2009

Nouvelles très très perso


Quelques updates sur les nouvelles et préoccupations en cours....!

1 bonne et 1 mauvaise nouvelle

La bonne: Rui a su le 30 septembre que son contrat, qui se terminait le jour même, était renouvelé pour 2 ans! Apparemment, l'association du personnel bataillait depuis quelque temps pour qu'on ne puisse plus proposer des contrats de 3 ou 6 mois aux employés en CDD depuis plus de 5 ans. Allez comprendre, la plupart de ses collègues ont eu 1 an, et lui, 2.... On ne demande rien à personne!

La mauvaise nouvelle, c'est que ça ne signifie pas 2 ans de plus au Zimbabwe... Cette perspective, qui nous aurait très bien convenu, est d'autant moins probable que le directeur pays du PAM a envoyé ce matin à tous les expatriés un courrier les invitant à faire candidature... ailleurs, à cause d'une réduction drastique des activités au Zimbabwe. Cela fait plusieurs mois que Rui le voir venir (le contexte du pays change, les besoins diminuent et surtout les donateurs ne suivent plus du tout sur la nourriture). Malheureusement, le bureau pays a connu un grand flou depuis 6 mois, avec des départs non remplacés à des postes stratégiques (essentiels à la définition d'une ligne pays pour les mois à venir), des remplacements cotonneux en haut de la hiérarchie, sans compter que des postes ouverts l'an dernier dans le cadre d'une grande expansion de l'activité n'ont été pourvus que maintenant.... et contribuent à un vaste sureffectif. En effet, le PAM qui nourrissait 5 millions de personnes au Zimbabwe en 2008/9 n'en couvrira que 1,5 millions cette saison 2009/10, et au-delà, personne ne sait ce qu'il fera dans le pays! Et pourtant, le sort du Zimbabwéen des campagnes est loin d'être rétabli (cf article suivant)

Pour revenir au PAM, il souffre sans doute d'un peu de retard dans la définiction d'une nouvele stratégie qui plaise aux donateurs è si ils savaient que faire en termes de programme, ils sauraient quel dispositif prévoir et quels postes maintenir, plutôt que de demander à tout le monde de partir. Mais avant tout, il souffre du désintérêt des donateurs, qui semblent confondre une embellie conjoncturelle - avec la relativement bonne pluie / récolte de l'an dernier - avec la résolution des problèmes. Il était "sexy" sans doute de financer un gros programme alimentaire qui mettait en évidence les échecs du gouvernement précédent, avec le gouvernement d'union nationale, ce n'est plus vraiment le cas, et pourtant personne ne souhaite offrir un soutien franc... Et puis la crise du choléra est passée par là, drainant les financements santé, eau & assainissement....

Pour le PAM, ça m'étonnerait que le poste de chef de bureau à Bulawayo soit supprimé incessamment... il sera plus logique de se passer d'abord les postes de logisticiens terrain superflus, de réduire les bureaux provinciaux de 3 à 2 comme précédemment, et de limiter la pléthore d'expatriés à Harare. Mais d'un autre côté, ce risque d'être aux plus anciens de partir en premier, alors Rui, avec ses 3 ans en poste.... Enfin, il essayera d'en savoir plus sur son sort personnel la semaine prochaine à Harare.

Le processus de "reassignment" se déroule 2 fois par an en décembre et juin: une liste de postes est publiée, à laquelle les expatriés font candidature avec des ordres de préférence, ils sont retenus ou pas. Avant le terme des 6 mois suivants ils sont censés arriver à leur nouvelle affectation. Donc, pour nous, décembre pour juin. Encore que, dans son courrier, le directeur pays parle de début 2010 ! Il tentera de replacer ses troupes, même en dehors du processus officiel, le plus tôt possible!

Bon, et puis le hic, c'est que cette grande tournante, organisée informatiquement, est largement influencée par les jeux d'influence et connections personnelles. Car certains postes sont publiés alors qu'ils ne seront pas vraiment ouverts (et mieux vaut avoir des antennes dans le pays pour le savoir), d'autres sont en fait déjà pourvus parce que le directeur pays ou le directeur programme ont prévu d'embaucher une de leur connaissance, et pour les postes restants, mieux vaut avoir quelques acquointances locales pour pousser sa candidature. Le nouveau directeur pays de Rui, un Sénégalais en fin de carrière, a promis tout son support pour favoriser le reclassement des uns et des autres. Mais il connait à peine Rui....! Pour le reste, Rui n'a pas des milliers de relations, avec ses seules missions en Angola et au Soudan, mais enfin quelques uns lui veulent du bien. Son ancien directeur de programmes, un Mozambicain actuellement en Afrique du Sud pour préparer la réouverture d'un programme en Angola, sa chefe du Soudan actuellement en Ethiopie..... et quelques amis à Rome. Sinon, il serait assez intéressé par l'Afrique de l'Ouest, mais les plus grosses opérations sont dans des zones assez pourries: et le risque, avec son profil "chef de bureau" de province, c'est qu'il soit nommé à un poste qui ne soit pas famille.

Et puis pour nous, cela crée dans l'immédiat une grande période d'incertitude, pas génial avec un accouchement prévu mi février....

Toujours en écharpe

Cela fait maintenant 6 semaines depuis l'accident de moto qui m'a fracturé la clavicule, et les progrès ne sont pas drastiques.... Selon la radio effectuée il y a 2 semaines, il est vrai qu'il y a du travail en termes d'ossification, avec des os qui non seulement se superposent mais en plus se sont écartés.... J'évite de faire une autre radio (ce n'est pas bon pour le bébé) et espère sentir "mécaniquement" les résultats de mon rétablissement. Et il est vrai que je me sens plus solide, le matin lorsque j'enlève mon écharpe pour la douche et le petit déjeuner, je me sens presque normale, mais je dois quand meme fortement limiter les mouvements au risque de sentir des trucs un peu mous qui bougent, et au bout d'une demie heure je suis quand meme très fatiguée du dos! Si c'était du solide, ça devrait tenir non? Je commence à perdre patience et à me demander si je ne devrai pas passer sur la table d'opérations.... Je me vois mal attendre après l'accouchement comme certains le recommendent - 2 bébés et 1 seul bras, c'est pas bien confortable, et puis ca m'empécherait d'allaiter - d'autant que ça ne semble pas poser de problèmes insurmontables en termes d'anesthésie, par contre il ne faudrait pas avoir des complications parce que les antibiotiques & co, c est pas génial!

Plutôt que d'aller en Afrique du Sud et 1 semaine à l'hotel, ça ne me reviendrait sans doute pas plus cher de venir en France. Mais après, faut voir en termes de dates, car le temps passe, si je veux accoucher en France je devrais de toutes façons y aller mi/fin décembre, ...

Anniversaire et naissance

Nous féterons la semaine prochaine les 2 ans de Rafael, qui sera surement très content d'avoir un vélo! Dans le même temps, la fille de Rui, Edna, va accoucher à Maputo. Et comme il ne peut pas y aller la semaine suivante, c''est sans doute l'anniversaire de Rafael qui va être décalé. On prévoit une grande fête, avec plus d'adultes que de bébés mais enfin.... il faut en profiter, non?
Rafael va très bien, il est toujours coquin et plutôt mince, toujours très agile, il faut dire qu'il n'est pas gourmand et ses goûts sont tout à fait éclectiques: crevettes et artichauts, maïs et roquefort, concombres a volonté et courgettes à la carte, mais pas de carottes cuites ni tellement d'autres produits verts. Il mange du beurre à la fourchette: et je le laisse faire car il doit en avoir besoin!
Il rajoute à son répertoire quelques mots comme "tatine" (tartine), "ju" (pour remplacer "lè/lo" qui faisait usage précédemment), "beur", en plus de "oui" et "non", "bye", '"maman", "papa", lo" (eau), "lè" (lait), "caca" et "pipi" , "gogo"(grand mère en Ndebele, le nom de notre femme de ménage), "clé" , "balle" et "ballon", , mais aussi "olala", "acco" (d'accord), "ao" (bravo) et "allo", "attends", "oila" (voila), "bé" (tombé), "ébon" (c'est bon), "bain", "main", "OK", "Hi" qu'il distingue bien de "Aïe", "Go!" (va t'en!), et en anglais "key", "ball", "mum", car"., "door".. Il demande volontiers de "lo" à sa nounou mais répète aussi "water" derrière elle. Il comprend beaucoup de choses, opine quand il faut, et attrape la main de sa maman pour lui montrer ce qu'il veut, quand il ne sait pas se faire comprendre autrement.
Il n'est pas farouche, et adore être pris en charge par de grandes filles de quelques années son ainée. Autrement, il joue avec ses amis du quartier Jeremiah et Luis, avec lesquels il serait volontiers bagarreur s'il n'était le plus petit!.

Il adore Kirikou ("Kou!").

Depuis que j'ai le bras en écharpe, il prend son bain avec son papa, et le suit aussi dans la piscine ou il essaye d'imiter ses crawls - bien en sécurité sur la première marche de la piscine! Il a quand même réussi à me faire une frayeur une fois, en tombant dans l'eau tout entier, alors qu'il voulait attrapper les feuilles avec le panier comme le jardinier.... Heureusement, j'étais a 1m50 pour le rattrapper.... un peu sonné (et moi aussi!)

Il a marché avant son 1er anniversaire, il sera propre avant le 2nd. Le seule probleme, c'est qu'il enlève tout :slip, chaussure.... il ne veut rien avoir aux pieds durant l'exercice... Du coup il faut le rhabiller! L'autre problème, c'est qu'il veut tout nettoyer tout seul. La décence m'empêche de vous laisser imaginer le résultat!

Paris ou Harare

Pour la naissance du 2e prévue à la Saint Valentin, j'hésite toujours à accoucher à Harare ou à Paris - Bulawayo étant pour moi exclu, sauf en cas de grand prématuré qui serait sans doute le pire des scénarios, la maternité ici n'étant pas super équipée....

J'ai visité la clinique de Harare, avec Constance, qui a accouché l'an dernier à Pretoria, dans un hopital qui selon elle n'avait rien à envier à celui-ci: il est vrai que la clinique, dans laquelle une autre française a accouché avec péridurale, m'a fait une bonne impression. Cela ne poserait pas de problèmes de papiers - avec l'Ambassade de France a côté, et nous éviterait des déplacements compliqués. Je pourrais attendre à Harare 2 ou 3 semaines à l'avance, et même avec Rafael et Jennifer, dans une maison d'une amie du CICR, et revenir tranquillement en voiture avec Rui.

A Paris évidemment, il faudrait que j'y aille 1,5 à 2 mois à l'avance, cad avant Noël, à cause des avions. Je me vois assez mal 2 mois en plein hiver dans un 40m2 à Paris, avec Rafael sans nounou - à moins d'aller à Fontainebleau chez Claire qui trouverait dans le meilleur des scénarios une assistante maternelle. Ou alors, je laisserais Rafael avec Rui, qui me rejoindrait début février: mais j'ai peur que la séparation ne soit drolement longue pour nous deux. Et puis je repartirais au Zimbabwe vers la mi-mars - à condition que nous y soyons toujours.

C'est vrai que ces incertitudes sur notre sort l'an prochain me pousseraient plutot a rester par ici pour l'instant.... Sachant que nous aurons notre lot de déplacements, et que je ne risquerai pas de garder le petit dernier loin de la famille trop longtemps. D'un autre coté, au plan médical, on est quand même plus rassuré en France....


1 commentaire:

Annabel a dit…

Hello ma belle...
Et bien ! Je ne sais pas si j'envie tous ces questionnements. Ca doit être une période difficile. Je pense à toi très fort. N'hésite pas à faire signe. Si tu as besoin d'être en France un temps, tu peux aussi squatter la maison de mon père en Vendée, je suis sûre. Fais-moi signe. Bises.