jeudi 23 octobre 2008

Ecoles en guerre...

Les élèves ne vont apparemment pas pouvoir passer le bac cette année... comme en mai 68, sauf que là, on ne va pas leur donner le diplôme gratoce au cas où ils en auraient besoin dans la vie.
Ce sont les professeurs qui réclament l'annulation de l'examen, car les écoles publiques ont été en grève pendant l'essentiel du dernier trimestre, c'est à dire depuis le début des élections, fin mars: après la réquisition des professeurs dans les bureaux de vote, les écoles sont restées fermées à cause des violences post-électorales, et puis les professeurs ont réclamé un salaire qui suive un peu l'inflation (plus de 150 Mns de %). Selon un prof de lycée de Harare, le dernier salaire de 62 000 Zim$ (1,10 USD) lui permettait juste de payer 2 allers retours en bus pour son école. Mais comme le pays n'a toujours pas de gouvernement, et bien il m'y a pas de vrai ministre de l'éducation avec lequel négocier....

Le réseau d'infos de OCHA compare la situation à celle de pays en guerre:

L’état de déliquescence du système éducatif zimbabwéen est tel qu’il rappelle les situations existant dans les zones en guerre. Il s’agit d’un cas unique pour une zone de paix. Et pourtant, en 1980, le taux d’alphabétisation atteignait 96%. 45 000 enseignants ont quitté la profession depuis 2004 et cette année, il n’y aurait eu en moyenne que 23 jours d’enseignement effectifs (d’où l’extrapolation d’un taux de réussite aux examens de 3% - si lesdits examens avaient lieu, et en bonne et due forme). La plupart des enseignants subsistent en donnant des cours privés à ceux qui ont les moyens de s’éduquer, ou bien en s’engageant dans d’autres formes d’activités (sans pour autant démissionner).

Heureusement que Tafazwa, le fils de Jennifer, nous a convaincus de l'enrôler pour l'examen Cambridge, qui, envoyé en Angleterre avec quelques pounds, permet aux plus riches des Zimbabwéens d'obtenir quand même un examen pour accéder à des études techniques ou même à l'université. Il avait déjà raté l'examen Zimbabwéen l'an dernier faute de professeurs pour corriger les copies.


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