25h et 4 aéroports
Rafael et moi sommes bien arrivés à Bulawayo, après ce voyage marathon de 25h qui nous a fait visiter le Caire et Johannesburg.Rafael a été bien sage... non sans quelques pleurs localisés néanmoins, comme dans les toilettes du Caire, lorsqu'à l'heure du bain il a compris que j'y coupais – j'avais bien envie, mais l'eau était trop tiède et sentait trop fort la javel!
Avec mes 50 kgs de bagage, ma poussette et mon cosy, le défi consistait à ne pas payer de supplément par rapport aux 40 kgs autorisés par Egyptair jusque Joburg, et surtout aux 30 kgs de SAA pour le dernier tronçon Joburg-Bulawayo. Et c'était mal parti: à Paris on me refusait d'enregistrer les bagages jusqu'à destination, car les étiquettes ne peuvent compter qu'un stop. J'ai bien songé à faire sortir mes bagages au Caire pour les réenregistrer, et ainsi éviter de révéler mon excès à SAA à Joburg, mais non: il m'aurait fallu un visa égyptien pour les récupérer à l'extérieur de la zone de transit. En revanche, l'hôtesse m'a proposé de garder la poussette (et non le cosy) jusqu'à l'entrée de l'avion. Bien lui en a pris...!
Arrivée au Caire, "confusao" comme disent les Angolais qui connaissent si bien cet état de chaos assez naturel en Afrique ; c'est l'époque du pèlerinage à la Mecque et l'aéroport était bourré à craquer. Des touristes anglo-saxons me voyant arriver, Rafael en écharpe, dans cette salle bondée où nous étions censés récupérer nos cartes d'embarquement, m'ont prévenue en plaisantant: mon fils saurait marcher avant que je sorte de là!
Je n'en menais pas large, il est vrai, quand j'ai du laisser passeport, billets, et tickets de bagages à un officiel égyptien assailli par les pèlerins - il pourrait, m'assurait-on, me rendre ma poussette, et apparemment régler le sort d'autant de passagers qu'il avait de piles de passeports sur son guichet ! Mais si je ne suivais pas ces instructions, ma poussette, je sentais bien que je ne la reverrais jamais! J'ai pris le soin de lui demander son prénom ( Mohammed, c'est pratique en cas de problème) et suis allée patienter, comme il m'y invitait, dans une salle d'attente ressemblant à s'y méprendre à la "zone de transit" des clandestins de Roissy - les pèlerins en plus.
Et là, miracle: à peine avais-je ouvert mon livre qu'un autre officiel me demandait si je préférais attendre "in this terrible place, or in a much better place up there". Je lui ai expliqué que j'étais assez tentée par « the much better place », mais que je devais attendre ma poussette ; il m'a assurée que je n'avais qu'à revenir la rechercher 1h plus tard, Mohammed ou un autre s'en occuperaient. Je suis donc montée à l'étage effectivement bien plus accueillant, et là je me suis dit que s'ils récupéraient ma poussette depuis la soute à bagage, ils pouvaient peut-être faire quelque chose pour les autres bagages.... Je suis retournée trouver mon bienfaiteur égyptien, qui entre-temps m'avait évoqué tout un tas de souvenirs amoureux bien sympathiques à Paris, je lui ai expliqué ma situation et le risque de payer des tas de kilos d'excédent. Et là 2ème miracle: après avoir parlementé avec 2 ou 3 personnes dans le chaos persistent de la salle de transit, il a obtenu qu'on reprogramme le routing de mes bagages, qu'on y colle les bonnes étiquettes et qu'on me retourne les talons: je n'aurais plus à me soucier de rien jusqu'à Bulawayo!
Au point que j'ai pu sans complexe faire quelques courses à l'aéroport de Johannesburg. De fait, ma cargaison prenait sans doute la moitié de la soute du tout petit avion qui fait la liaison Joburg-Bulawayo, mais personne ne m'a inquiétée!
Quant à la poussette, j'ai fini par la trouver bien encombrante alors que l'écharpe de portage est vraiment une belle invention: elle nous a même servi pour dormir, bien allongés sur les fauteuils de la classe affaire, Rafael arrimé sur mon vntre: C'était au final plus confortable que le petit berceau au sol, loin des yeux et des oreilles de maman.
Arrivée à la maison
Arrivée à Bulawayo, Rui nous a récupérés et chargés en vrac dans la voiture.
Pour la soirée Rafael était quand même un peu grognon : tant de silence et une si grande maison à laquelle se réhabituer, après le bruit et le mouvement du voyage! Mais nous sommes chanceux; l'eau courante, rationnée à une demi journée par semaine depuis 2 mois, continue de couler depuis 2 jours!

Avec sa bonhommie habituelle, Rui avait invité Sylvie, notre amie gabonaise (la seule autre francophone du coin en l'absence de Fabien, le directeur de l'Alliance), en lui demandant "d'apporter à manger, puisque Agnes arrivant juste n'aura pu s'en occuper" (sans complexe!! )Sylvie était avec son fils de Cape Town, et accueillait justement sa soeur, son beau frère et leur petite fille, arrivés dans le même avion. Elle nous a également appris que Constance et Humphrey, un couple franco-zimbabwéen très sympa, venaient juste de rentrer de leur saison de travail au Botswana: je les ai donc invités à se joindre à nous. Gary, l'ami de Fabien, a complété la troupe, et nous voilà partis pour un déjeuner dominical sans avoir rien préparé. Bon, avec cette troupe là, l'essentiel est d'avoir du Gin tonic, pas de stress pour le reste. Rui avait quand même un jambonneau au frigidaire: et là, autre miracle, ou plutôt vraie bonne surprise de mon arrivée: c'est que Jennifer, l'amie du jardinier que nous avons juste recrutée pour m'aider avec Rafael, a l'air d'être une bonne cuisinière, et en plus pleine d'initiative. Nous sommes allées faire quelques courses au magasin grec du coin, et elle nous a préparé le jambon avec une bonne sauce, un mélange de légumes fort réussi, le tout parfaitement présenté. Avec les patates sautées de Constance et le super gâteau aux mangues de Sylvie, le tour était joué! Comme quoi hein...
Voila: quelques photos sur
http://picasaweb.google.fr/agnes.lesage/ArrivEBulawayo
http://picasaweb.google.fr/agnes.lesage/ArrivEBulawayo
Gros bisous à tous
Agnes
Agnes

























Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire