
5 mois déjà depuis le premier tour des élections, et toujours pas de nouveau gouvernement en vue.... les négociations buteraient sur la question du contrôle des forces de sécurité.
Le cabinet - c'est ainsi qu'on appelle l'ancien gouvernement qui est toujours un peu en place mais pas vraiment opérationnel, faute de légitimité - a été obligé de prendre quelques mesures, et notamment l'émission d'une nouvelle monnaie: on a enlevé dix zéros pour créer le "nouveau Zim$"! Manque de pot, les 2 monnaies zimbabwéennes cohabitent... avec également les Rands sud-africains, les Pulas du Botswana, les Dollars américains, les changes officiels, au noir ou par transfert. Ainsi, quand on vous annonce un prix de "one point two", vous êtes censé deviner si votre interlocuteur parle en trillions d'anciens Zim, en centaines de nouveaux, en unités US, ou en quoi... la dernière fois c'étaient des milliers de Rands! Heureusement qu'il n'y a pas de touristes, ils se feraient tous plumer....
Une autre mesure a fait le bonheur des bas de laine: les anciennes pièces (celles du zim$ d''avant le précédent changement de monnaie) ont été réhabilitées! C'est ainsi que Rui se promène avec un sac de 3 kgs de pieces de 25$, que lui a refourgué je ne sais qui.
Malgré ou à cause de cette inflation de monnaies différentes, il reste très difficile de se procurer quoique ce soit. Non seulement à cause d'un renchérissement énorme de tous les produits (vendus en ville 6 ou 7 fois le prix botswanais ou sud-africain), mais tout simplement parce que tout le système marchand est effondré. L'autre jour, Rui s'est rendu à Binga, une zone isolée près du grand lac Kariba. Ne perdant pas une occasion de joindre l'utile (le travail) à l'agréable (la nourriture - eh eh, ce n'est pas un hasard s'il travaille pour le PAM!), Rui a voulu acheter du poisson. Les magasins ne fonctionnant plus, il s'est adressé directement aux pêcheurs. Ces derniers ne veulent pas être payés en argent (inutile faute de biens dans les magasins), mais en mil de maîs ou, sinon, en vêtements!
L'autre mesure importante et salvatrice a été, cette semaine, l'annulation de la suspension dont les ONG faisaient l'objet depuis le 1er tour des élections en mars dernier. Ouf! Le PAM et ses partenaires sont donc en rang sérré pour relancer les opérations: 5 millions de Zimbabwéens devraient recevoir de la nourriture cette saison.
Quant à nous, après une sortie en juillet à Maputo (orgie de crevettes, langoustes et crabes), nous apprécions, avec la fin du mois d'août et de ses fraicheurs extremes, le retour de la douceur au Zimbabwe.
Je continue de tenter de travailler... non seulement pour Atable.com, mais également pour Chronoresto.fr, qui m'a commandé cet été une étude sur le marché de la restauration rapide par internet aux Etats-Unis. Comme dit Sophie: je "suis au Zimbawe où on crève la dalle et fais une étude sur le take out food au pays de l'obésité - quelle ironie non ?". L'autre paradoxe pour mois est d'être webmarketeuse sans acces internet décent. C'est que, se connecter à internet ici reste un challenge de tous les jours. Au bureau c'est connexion réseau déficiente, acces mail mais non internet, horaires réduites. A la maison c'est une connexion en dial up (a la vitesse de la tortue et sans possibilité de téléphoner avec Skype), coupures d'électricité de 4 à 6h par jour, téléphone inopérant en fin de mois vers l'étranger. Et aujourd'hui c'est la ligne téléphonique qui ne marche plus, sans que je puisse appeler l'opérateur pour savoir ce qui se passe (sans doute une coupure de courant sur un noeud technique?), car le réseau mobile marche tres mal.
Rafael va bien, il a maintenant 10 mois et les dents du bonheur. Il ne marche pas encore seul, mais adore pousser sa poussette en galopant derrière. Il apprend aussi à goûter le plaisir des plats "un peu brûlés", à la manière Lesage (j'y veille personnellement).
Il va recevoir la visite de sa grande soeur Sonia, pendant 7 semaines.

























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