lundi 4 février 2008

Week-end à Harare


On a raccompagné Artur à Harare, et redécouvert les charmes de la capitale.

D'abord, du noir! Et l'on s'aperçoit que ce n'est rien d'avoir une coupure d'électricité à la maison, il faut la voir en capitale! Ca nous a pris à l'hôtel: les deux mains dans le lavabo, Rafael dedans, l'eau qui refroidit, Rafael qui pleure, et moi, seule dans la pièce, qui ne sait trop m'orienter dans le noir pour trouver serviette, sac, et surtout, lampe de poche! Un bonheur. Et l'on mesure la mouise dans laquelle se trouve le pays; le Bronte, qui n'est pas, certes un hotel de luxe mais quand même un bel hôtel de l'époque coloniale, a un générateur qui ne couvre qu'une partie de ses chambres - et ostensiblement pas les moyens de s'en payer un plus gros. Il est vrai que la suite (3 pièces et salle de bains) nous est revenue à 40 USD avec le petit déjeuner pour 3! L'un des managers qui m'a finalement amenée une lampe de poche et à qui je demandais "mais qu'est-ce qui se passe?" n'a su que me répondre d'un air las "mais c'est le Zimbabwe Madame!"

C'est la 2e panne générale dans le pays en quelques jours. D'habitude, c'est un quartier, un secteur, ça tourne, mais il y a un peu de lumière dans les rues. Là, c'est toute la ville qui est noire, et ça fait drôle... on cherche, à la lumière des phares de voiture, un endroit accueillant où se reposer les yeux et le reste. En vain. Et puis, quand un ami vous donne les instructions pour trouver son chemin, ce n'est pas facile... car "au 2e feu rouge tu tournes à droite" ben il faut le voir le feu rouge, dans le noir!

Il faut dire par ailleurs que Harare est une jolie ville; de nombreux diplomates, qui y ont passé un bout de carrière, y avaient acheté une de ces magnifiques villas à la végétation luxuriante et à l'ameublement soigné, qui faisaient du pays, avec son climat de rêve et ses conditions privilégiées, "un petit coin de paradis".

A propos de villas, nous avons diné chez une collègue de Rui, belge mariée à un Italien. Et... comment dire.... en visitant leur séjour, en mangeant leurs pâtes faites maison au parmesan italien, le veau pané à la roquette du jardin, je me suis sentie.... un peu plouc; oui c'est ça, les ploucs de Bulawayo. Eh oui, on joue pas dans la même catégorie avec les gens de Harare, ou alors c'est les Italiens, je ne sais pas! Ils sont là depuis quelques mois et tout est en place, décoré avec soin, hyper design, la classe quoi. Alors nous avec notre maison victorienne, ses jolis meubles en bois et ses rideaux à petites fleurs... ben on est des vrais ploucs! J'assume assez, mais j'en prends tout juste conscience!

Ah oui puis: on est allés voir les lions (d'où la photo là haut), dans le parc "lions and cheetah" où Belmondo a tourné "itinéraire d'un enfant gâté". C'est plouc ça aussi, non?

Pour finir, nous avons mangé à "Alo alo", le restau bar de l'Alliance française, où je me suis fait arnaquer de 15 millions de dollars zim: soit deux paquets de 20 billets de 750 000, ceux qui constituaient le fond de sauce de notre porte monnaie (je devrais dire cabas en plastique) pour le week-end. Les billets de 750, c'est les pire: on a beau savoir que en paquets de 4, ça fait 3 millions, et en paquets de 20, on a 15 millions, on est tous un peu confus à les manipuler. Et là ça n'a pas raté: la serveuse est revenue me disant qu'il en manquait - on ne peut pas la blamer de ne pas compter devant vous quand il faut une machine pour compter les liasses. Enfin, tout ça ne m'a couté finalement que ... 3 USD, pas de quoi en faire un fromage.


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